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Malgré ma consommation excessive de films et de séries, je publie très peu d’articles sur le sujet. Ce n’est que lorsque j’ai un énorme coup de coeur que je sens vraiment le besoin de partager mon avis ici. C’est donc avec Juste la fin du monde de Xavier Dolan que j’ai eu la claque de l’année. Je me suis depuis découverte un amour infini pour tous ses films mais ça, c’est une autre histoire.

Le pitch : Louis, écrivain à succès, sait qu’il va mourir (on ne le dit jamais mais on suppose qu’il est atteint du sida). Le jeune homme, qui n’a pas revu sa famille depuis 12 ans, retourne donc chez les siens pour leur faire ses adieux. Il retrouve alors cette famille qu’il ne connait plus (ou pas du tout pour certains), et l’atmosphère n’est pas à la détente.

Le film est l’adaptation d’une pièce de Jean Luc Lagarce. Je ne le savais pas avant de le voir, mais l’on sent immédiatement l’aspect théâtrale. C’est certainement dans le traitement des dialogues et dans le scénario finalement que c’est le plus flagrant. Le scénario justement, c’est ce que certains n’apprécieront pas : il n’y en a pas vraiment. Le film se concentre sur une après-midi. C’est une sorte de huis-clos en famille. C’est aussi un des points forts du film selon moi, puisque tout se joue sur les personnages.

Les personnages résument pour certains une bonne partie du film puisque c’est autour de dialogues mais aussi de silences que le film prend vie.

Juste la fin du monde - Xavier Dolan

Il y a donc Louis, ce jeune prodige de l’écriture, le cérébrale, celui qui dérange et détonne un peu dans cette famille d’un milieu social assez simple. Louis parle peu. Gaspard Ulliel, qui joue le personnage, a finalement très peu de dialogues alors qu’il est le personnage central. Il observe, il intériorise, il se contient, il arrondi les angles. C’est d’ailleurs ce comportement que son frère juge hautain qui gêne parfois même le spectateur.

Juste la fin du monde - Xavier Dolan

Antoine, joué par Vincent Cassel, c’est un peu l’exact opposé de Louis. Ils ne se comprennent pas, et l’accueil qu’Antoine réserve à son petit frère n’est pas des plus bienveillants. Vincent Cassel nous livre du vrai (bon) Vincent Cassel : un personnage acerbe, agressif, à fleur de peau. Une sorte de chien enragé qui n’ouvre la bouche que pour humilier les autres (sa femme, sa soeur, son frère).

Juste la fin du monde - Xavier Dolan

Dans la peau de Suzanne, la soeur, on trouve également Léa Seydoux. Louis a quitté la maison lorsque Suzanne était petite, ils ne se connaissent donc que très peu et Suzanne semble ressentir cruellement ce manque. Elle collectionne les articles de presse qui le concerne et traverse une période tumultueuse. Elle est la petite dernière de la famille, la pseudo rebelle, celle qui a semble-t-il été exclue de certains souvenirs heureux.

Juste la fin du monde - Xavier Dolan

La mère d’Antoine, personnage haut en couleur et loufoque, est interprétée par une Nathalie Baye tellement maquillée qu’elle en est presque méconnaissable. La maman entretient une relation compliquée avec sa fille en pleine crise et ne sait trop comment aborder le retour d’Antoine. Affairée en cuisine, elle se raccroche aux souvenirs d’une famille unie. Elle se révèlera cependant plus lucide qu’il n’y paraît concernant les projets d’Antoine.

Juste la fin du monde - Xavier Dolan   

Et enfin à ce tableau vient s’ajouter Catherine, sous les traits de Marion Cotillard. Catherine ne connaît pas Louis, il ne se sont jamais rencontrés. Discrète et sensible, Catherine est sans cesse humiliée par son mari. En un regard elle comprend que Louis cache quelque chose. Elle sait qu’il ne reviendra pas.

Juste la fin du monde - Xavier Dolan

Les personnages, vous l’aurez compris sont merveilleusement interprétés. Les dialogues sont extrêmement travaillés, c’est là que l’on ressent l’influence théâtrale. C’est une véritable poésie.
Le montage est lui aussi très travaillé et c’est quelque chose que j’apprécie tout particulièrement dans un film. C’est souvent le détail laissé à l’abandon.
La photo et les éclairages sont dingues ! On est sans cesse dans le clair-obscur, et on voit une vraie évolution dans la lumière, qui change au gré des émotions. On finit par exemple dans une sorte de couché de soleil rouge flamboyant au moment où la tension est à son comble. Je trouve quand même incroyable d’avoir abouti à un tel résultat. C’est comme si chaque détail de ce film était pensé comme un tableau.
Enfin la BO (un peu racoleuse) vient s’ajouter à tout ça et fait sentir l’influence pop de Xavier Dolan, enfant des 90’s.
Ce film est réellement palpable. Il est construit comme une seule pièce où tout vient s’imbriquer pour en faire quelque chose de presque vivant. La tension est parfois étouffante, les personnages finissent en sueur tout comme nous. On retient son souffle pendant toute la durée du film. Le plan final tient du génie.

Voilà, je me suis peut-être un peu emballée, mon article est sûrement un peu décousu. Je ne suis pas critique cinématographique mais je peux vous dire une chose : ce film est une pure merveille du genre. Je l’ajouterais dans la liste des films à avoir vu au moins une fois dans sa vie.

Si vous l’avez déjà vu, qu’en aviez-vous pensé ?

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